Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 16:57
Après maintes tergiversations, réflexions et discussions, j'ai décidé d'aller me faire vacciner contre la grippe A.
Ce billet n'a en aucun cas pour but de débattre sur l'utilité du vaccin, qu'on soit d'accord, hein ? Non parce que je n'ai absolument pas envie d'être arbitre d'une controverse enflammée. Ces temps-ci, les arbitres n'ont pas bonne presse !

Bref... en tant que parent d'un enfant de moins de 6 mois, je fais partie des populations prioritaires.
Donc j'ai reçu une jolie convocation par la Poste... Jusque là, tout va bien.
Jusque là...

Le papier signé de Madame la Ministre de la Santé herself me convoque dans un gymnase du bout de la ville, donc à peu près pas du tout dans le quartier où je travaille. Pratique !
Evidemment, aucune information sur les horaires d'ouverture n'est indiquée, ça serait trop facile.
Je prends donc mon mal en patience et décide d'appeler la Sécu : après avoir tapé 1, puis 2, puis *, la gentille boîte vocale m'annonce que tous les conseillers sont occupés et me demande de rappeler ultérieurement avant de me raccrocher au nez.
Chouette, j'ai que ça à faire.

Finalement, au bout de 15 tentatives, j'ai une gentille personne de la Sécu au bout du fil, qui me répond que "bien sûr Madame, vous pouvez vous rendre dans un autre centre de vaccination"
Oui évidemment, mais voyez-vous, je préfère appeler pour être sûre plutôt que risquer de me trouver face à un refus après 1h d'attente sur mes heures de travail.
Ben oui, mon boss est sympa mais faut pas abuser, hein ?!

Finalement, me voilà avec tout ce qu'il faut : convocation = OK, adresse du centre = OK, horaires d'ouverture = OK.
Ne me reste plus que la motivation et un moment opportun pour pouvoir quitter le bureau sans gêner personne.

Je saisis l'occasion d'un apéro en l'honneur d'un nouvel arrivant, puisque je me colle aux courses chez Carrouf, mon absence n'opportunera personne.


J'arrive donc devant la Maison de la Solidarité du quartier, il est 12h45, le centre ouvre à 13h et y'a déjà 15 personnes devant moi.
On fait tous la queue sagement jusqu'à ce que le gros rideau de fer ouvre. Ca se bouscule au portillon, on arrive dans une salle et on nous dit de prendre un ticket et d'aller en salle d'attente (ambiance boucherie, quoi !).
Chouette, je suis le numéro 15.
Panique parmi le personnel soignant, rien n'est prêt... on nous fait attendre 10min jusqu'à ce que les bureaux ouvrent.

Le processus est "simple" : chacun son tour, on doit passer dans le bureau n°1 pour un mini entretien avec une aide soignante qui nous demande juste si on a été récemment vacciné contre la grippe saisonnière (si on a le malheur de répondre "oui, y'a moins de 3 semaines", pas de bol, retour à la case départ sans toucher les 10 000 euros, merci au revoir, revenez en deuxième semaine).
Ensuite on nous donne un questionnaire de santé à remplir (êtes vous allergiques aux oeufs ? avez vous déjà fait une forte réaction suite à un vaccin ?), et une notice d'information du vaccin qu'on doit lire et comprendre.

Retour à la salle d'attente.

On attend de se faire appeler à nouveau pour aller au bureau n°2 où on est reçu par un médecin, qui lit le questionnaire rempli et qui demande pourquoi on est là (donc en gros, de quel genre de population prioritaire on fait partie) et qui répond à nos questions si besoin.
Après ce mini interrogatoire, le médecin indique sur notre sésame papier le nom du vaccin qu'on va recevoir.

Retour à la salle d'attente.

On attend d'être appelé pour aller dans la salle n°3, où on est enfin reçu par une infirmière qui nous fait l'injection.
Elle dit qu'on risque d'avoir mal cette nuit, mais après ça va.
Elle donne un papier aucazoù y'ait une deuxième injection.
Mais on sait pas s'il y en aura une 2è... c'est prévu mais c'est pas encore prévu. On se sent tout de suite vachement en confiance, tiens !
De toute façon, c'est trop tard, l'injection est faite.

Ceci a pris une bonne heure, entre l'attente et les divers problèmes à résoudre : une institutrice enceinte vient sans convocation :
Infirmière : "ah ben non madame, il faut la convocation, si vous ne l'avez pas reçue, allez à votre CPAM et ils vous en donneront une"
Institutrice : "ben oui mais je ne dépens pas de la CPAM mais de la MGEN, je suis institutrice, et la MGEN ne délivre pas de convocation"
Infirmière : "ah... alors je ne sais pas ce que vous devez faire"
Institutrice : "oui mais vous comprenez, je travaille toute la journée avec des enfants ET je suis enceinte, donc si je ne suis pas considérée comme population prioritaire, je me demande qui peut bien l'être... donc je fais quoi ?"
Infirmière : "bon, c'est pas prévu dans les procédures, laissez moi un instant je vais me renseigner"
(j'ai failli lui donner ma convocation, la pauvre)
(pour l'épilogue, elle a quand même pu se faire vacciner, après avoir râlé pendant 1/4h)

Deuxième problème à résoudre : une dame hystérique vient pour sa petite fille asthmatique qui "doit passer devant tout le monde, vous comprenez, parce qu'elle est asthmatique et que donc si elle attrape la grippe, ça sera fatal pour elle... donc hors de question de la faire attendre dans la salle d'attente au milieu de tous ces gens contaminés"

Evidemment, quand on vient se faire vacciner, on est contaminé. Logique.
Evidemment, quand on revient de faire ses courses à Carrefour, on n'a aucun risque d'avoir attrapé le virus... en revanche, dans la salle d'attente, si ! Logique.

Elle a fini par partir en hurlant "vous aurez sa mort sur la conscience !!!"
(pauvre petite, elle n'a pas dû comprendre ce qui lui arrivait)

Bref, je m'en suis pas trop mal sortie finalement parce que selon le médecin, dans d'autres centres, y'avait plus d'une centaine de personnes qui faisaient la queue avant l'heure d'ouverture !!!
Autant dire que si ça avait été le cas, je serais repartie.
Faut pas déconner, quoi !
Par Perrine - Publié dans : Blabla
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